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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 12:21
2016: Mon travail

Journal « L’Alsace » du 14 mai 2016

Les moustiques sont de retour

En même temps que les beaux jours, les moustiques se rappellent à notre bon souvenir. Le service de démoustication de la brigade verte est d’ores et déjà en action pour limiter les nuisances et surveiller l’éventuelle arrivée du moustique tigre.

« Les moustiques se développent quand le niveau d’eau passe de bas à haut, de sec à inondé. Alors il y a éclosion des larves de moustiques » , explique Philippe Bindler, technicien du service démoustication de la brigade verte.

Avec son collègue, il passe sur les sites humides et marécageux vérifier la présence ou non de larves de moustiques et, si nécessaire, traite les points d’eau ou les flaques avec du BTI (bacillus thuringiensis israelensis) qui détruit les larves de moustiques, et uniquement les larves, sans dommages collatéraux pour l’environnement.

20 ha par semaine avec les pulvérisateurs

« Les petites flaques sont traitées avec une poignée de granulés. Pour les plus grands sites, on utilise les pulvérisateurs », précise Thomas Krebs, également technicien au service démoustication.

Le pulvérisateur est l’outil principal. « On peut traiter jusqu’à 20 hectares par semaine avec les pulvérisateurs. » En début de semaine, les techniciens étaient à la Petite Camargue alsacienne et comme c’était la quatrième fois en un mois que le niveau d’eau était haut, un petit contrôle s’imposait. À ce moment, la présence de larves n’était pas alarmante, mais « une grosse mise en eau et une semaine plus tard les moustiques s’envolent ».

Pour une meilleure qualité de vie

L’intervention du service démoustication se justifie principalement pour la qualité de vie des habitations à proximité des zones humides, comme Neuweg à Saint-Louis. « Si rien n’était fait, la vie à l’extérieur de la maison serait difficile, il faudrait sortir cagoulé », plaisante Thomas Krebs. Mais « il y a des exemples où les gens ne pouvaient plus sortir le soir ou utiliser leur piscine ! »

Il existe aussi des cas d’intolérance aux piqûres de moustiques. Au-delà d’un certain nombre de piqûres, les enfants peuvent présenter des allergies.

Et pour détecter les larves, il faut aller dans des zones souvent très difficilement accessibles, avec de la végétation dense et des marais.

Un champ de roseaux fait 4 m de hauteur. Et « lorsqu’on coupe un passage, il suffit d’un coup de vent et il est à nouveau fermé ». Il s’agit donc d’entretenir des kilomètres de réseaux de passage pour pouvoir vérifier ou traiter des zones parfois reculées.

Différents types de moustiques

Différents moustiques visitent les habitations, selon l’implantation. Le moustique des marais est relativement petit, on ne l‘entend pas venir, il vole silencieusement et il peut piquer à travers les vêtements. « Ça traverse un jean tendu ! »

Le moustique forestier, ou le domestique, on l’entend venir mais il pique aussi.

Et pour éviter d’avoir des moustiques chez soi, il suffit de vider les récipients d’eau, couvrir les fûts et tonneaux, ranger à l’abri de la pluie les brouettes, seaux et autres arrosoirs. Car « pas d’eau stagnante, pas de moustiques ».

Guy Greder

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Depuis quelques années, le service démoustication de la brigade verte surveille également la présence ou non d’un hôte indésirable, le moustique tigre. « Pour l’instant, il n’est pas encore installé dans le Haut-Rhin. Il a été détecté à Weil am Rhein et à Bâle, Fribourg est colonisé » , constate Philippe Bindler. Et ce moustique, c’est un sérieux problème, il s’agit d’une espèce très agressive qui pique en journée avec un pic d’agressivité au lever du jour et un autre au crépuscule. Il est capable de transmettre la dengue, le chikungunya et le virus zika. « En 2014, il y a eu une détection unique à l’EuroAirport, en 2015 un spécimen a été détecté à l’Autoport de Sausheim. » Mais l’espèce n’est pas implantée ici et pour les deux techniciens, son installation n’est pas inéluctable. « Mais cela nous pend au nez. »

Le seul et unique moyen d’empêcher son installation est d’empêcher les eaux stagnantes. « Un fond d’eau il adore. » Il s’agit heureusement d’une espèce plutôt urbaine, milieu où l’on peut limiter la stagnation de l’eau.

Son installation entraînerait l’utilisation « d’insecticides à très large spectre qui tue tous les insectes. On va donc s’efforcer à ne pas avoir à l’employer. Nous, on est carrément anti-insecticides, nos produits sont d’origine biologique et sont biodégradés en 24/48 heures » , conclut Thomas Krebs.

http://c.lalsace.fr/haut-rhin/2016/05/14/les-moustiques-sont-de-retour

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